Réponse de la maison mère
Moustapha Fall a posé des questions au khalif de Alhoubra de lyon sur la façon de dispenser le Mouhadamma....
Qui est habilité à donner le Ijaza comment doit t'il se comporter..
Moustapha FAll: ASALEMOU ALAIKOUM
Cheikh.
WA RAHMATOULLAH TAALA WA BARAKATOUH
Cher frèr en Islam,
Moustapha FALL.
Pouvez nous faire un éclairssisment sur la façon de donner le titre de Mouhadam et qui doit le faire et et le comportement du postulant?
cheikh.
Concernant votre remarque et vos questions il faut savoir qu'il existe
quatre
catégories de Mouqadem, il y a deux catégories qui ont une autorisation
limité
(Qayid) :
1) La première il est autorisé pour transmettre les oraisons
essentielles de la
voie avec quelques dhikr particulier mais sans pouvoir nommer de
Mouqadem.
2) La seconde il est autorisé pour transmettre seulement les oraisons
essentielles ou parfois avec quelques dhikr particulier, et en plus il
peut
nommer des Mouqadem mais en nombre limité sans pouvoir dépasser ce
nombre
désigné (tel le cas de Sidi Mohamed el Hafidh Chinguitti qu'Allah
l'agrée; qui
fut autorisé par Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son précieux
secret)
pour dix nominations.)
Ensuite il y a deux autres catégories qui ont une autorisation sans
limite :
3) Il est autorisé à nommer des Mouqadem sans limite dans le nombre
mais limité
dans la fonction car ils ne peuvent transmettre que les oraisons
essentielles
et ainsi de suite.
4) Il est autorisé comme pour la troisième catégorie mais à la
différence qu’il
peut autoriser aussi pour les dhikr particulier et autres secrets et
c’est la
plus élevé des autorisations.
Concernant le terme Khalifat il faut savoir avant tout que le terme
Khalife en
arabe signifie « représentant » ou « lieutenant ». De plus au sein de
la voie
ce terme a deux définitions suivant le contexte :
La définition dans le côté apparent et technique c'est qu'il désigne le
Mouqadem possédant un diplôme d'autorisation de la quatrième catégorie,
c'est à
dire qu'il peut transmettre aussi bien les oraisons essentielles de la
voie que
les oraisons méritoires et particuliers mais il peut aussi nommer
autant de
Mouqadem qu'il le veut. C'est souvent ce sens qui est utilisé pour
désigner ceux
qui ont cette responsabilité dans certains pays.
La définition dans son côté profond et spirituel c'est que ce terme
désigne
toutes les personnes ayant atteint le faculté spirituelle leur
permettant de
faire accéder leur disciples là où Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah
sanctifie
son précieux secret) a fait accéder ses compagnons, ils sont les
serviteurs de
la station de Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et ils
possèdent
un grade spirituel particulier et élevé. Le terme Khalife à l'époque de
Seïdina
était employé dans ce contexte seulement et très rarement, parmi ceux
qui l'ont
obtenu citons Sidi Hajj Ali Harazim Berada (qu'Allah l'agrée).
Par contre à notre époque ce terme est beaucoup plus employé et il ne
renferme
souvent que la première définition sans avoir accès à la seconde et il
se peut
aussi que quelqu'un ne correspondant pas à la première définition,
correspond
par contre à la seconde.
Généralement dans les pays où la Tariqa est bien implanté depuis
longtemps et où
le nombre d'adepte est important il y a un Khalife du pays ou de la
famille qui
représente la plus haute autorité mais ce n'est pas systématique,
d'ailleurs
nous déplorons que trop souvent l'excès de ces titres honorifiques et
leurs
mauvais usages au sein des adeptes et malheureusement toutes les
familles
religieuses sont touchés par ce fléau, or il faut savoir que du vivant
de
Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son précieux secret) lui même
ayant
désigné de nombreux Mouqadem il n'y en avait qu'un seul parmi tous
ceux-là
qu'il
appelait par le titre de Mouqadem.
Nous tenons à rappeler que le rôle de tous disciples, Mouqadem ou
Khalife est
d'être au service de cette noble voie prophétique en pur
désintéressement et
par sincère amour envers Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son
précieux secret), le rôle de chacun est de faire prévaloir ces propos
de notre
maître, le Pôle Caché (qu'Allah sanctifie son précieux secret)qui a dit
:
« Celui qui me connait, il me connait seul. »
N’importe quel Mouqadem, Khalife ou même descendant, dépend entièrement
de
Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et n’a pour rôle que
de le
représenter et d’être à son service, l’Imam Soukeïrij (qu'Allah
l'agrée) a dit
: « Le Mouqadem dans cette Tariqa Ahmediyya Tidjaniyya, quoi qu’il a
atteint
dans les degrés particuliers, il n’est qu’un représentant de Seïdina,
sans
posséder une particularité distincte de cela. » (Rafa’ Niqab).
Et comment en serait il autrement vu sa station spirituelle unique,
d’ailleurs
parmi les propos que Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son
précieux
secret) a rapporté, il a dit :
« Ma station auprès d’Allah dans l’au-delà est telle que
personne
d’entre les Aouliya ne peut l’atteindre, et personne ne peut
l’approcher que sa
valeur soit grande ou petite, et parmi l’ensemble des Aouliya, après
l’époque
des compagnons jusqu’au jour où on soufflera dans la Trompe, il ne s’en
trouve
pas un capable d’atteindre notre station… » (Rimah)
Bien sûr à notre époque où prolifère excessivement le nombre de
Mouqadem, il
ne suffit pas d'avoir un titre le promulguant mais ce qui est demandé
et reconnu
ce sont les qualités et les conditions qui définissent cette fonction
et à ce
titre l’un des précédents Khalife général de la Tariqa Tidjaniya, Sidi
Chérif
‘Ali Tidjani, qu’Allah lui fasse miséricorde, a cités comme condition
du
Mouqadem :
1) Se débarrasser des vices et acquérir les vertus.
2) La connaissance des piliers dans les trois oraisons avec leurs
conditions et
leurs réparations.
3) La connaissance de ce que doit faire un disciple avant de prendre la
Tariqa
et après y être entrer.
4) L’autorisation authentique obtenue par un détenteur de
l’autorisation
(Idhnou) dans cette Tariqa (même si c’est par un intermédiaire).
5) La connaissance et la croyance ferme que la compagnie du Cheikh et
son
service n’est qu’en vue de deux choses :
- la première c’est qu’en tant que Wali, Allah l’aime et l’a choisi et
en raison
de cela on se doit de l’aimer pour Allah
- la seconde c’est que le Cheikh connaît la conduite a adopté devant la
Présence Divine et donc être au service du Cheikh signifie être son
disciple
pour pouvoir être éduquer.
6) La connaissance des conditions de pureté dans toutes ses formes,
celle
concernant la pureté par l’eau ou la terre, celle concernant les
habits, le
corps et le lieu.
7) Posséder les qualités religieuses et une bonne adoration.
8) Etre raisonnable ce qui est la source de la science et du bonheur.
9) Posséder l’indulgence, la douceur et la patience.
10) Le savoir-faire dans la direction des disciples et fournir une
bonne
éducation.
11) Ne pas convoiter les biens des gens, mettre sa confiance en Allah.
Certes ce sont des points théoriques et vraisemblablement on ne peut
pas cerner l'ensemble de ce que cela représente par de simples points
mais
c'est déjà un repaire et surtout un rappel pour ceux qui aiment clamer
qu'ils
sont Mouqadem ou Khalife. Dans la réalité trop souvent il y a des
Khalifes ou
Mouqadem par le titre qui en réalité ne sont rien et des gens qui
paraissent
rien et qui réellement sont des Khalifes du Cheikh (qu'Allah sanctifie
son
précieux secret) qu'ils ont su représentés convenablement par la grâce
d'Allah.
A l'époque des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie
son
précieux secret) et de ceux qui les ont succédé parmi les Gens de
l'Ouverture
ils prenaient garde d'une part en attribuant le Taqdim (titre de
mouqadem) mais
même en donnant simplement la tariqa à un postulant, ils prenaient soin
d'effectuer l'Istikhara et parfois éprouvaient la personne en lui
réclamant de
fréquenter les frères tidjani en tant que "Mouhib" pendant plusieurs
mois, et
par la suite s'ils constataient sa détermination alors seulement ils
leur
donnaient la Tariqa. Si telle étaient leur attitude pour donner la
Tariqa,
imaginez leur scrupule pour nommer un Mouqadem.
En effet il a la responsabilité de veiller à ce que les personnes
soient apte à
cette lourde tâche ayant les qualités morales et les connaissances
nécessaires.
Malheureusement de nombreuses personnes ont été nommé Mouqadem sans
répondre à
ces critères et à une époque pas très lointaine il est arrivé à Sidi
Mohamed El
Habib Tidjani fils de Sidi Mahmoud Tidjani (qu'Allah les agrée) lors
d'un
voyage de contrôle dans un pays, de déchirer plus de deux cent Idjaza
constatant que leur détenteur étaient loin d'en être digne, qu'Allah
sauvegarde
la noble descendance de Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son
précieux
secret).
Etre Khalife ou Mouqadem signifie représenter Seïdina Ahmed Tidjani
(qu'Allah
sanctifie son précieux secret) en étant à son service et sous ses
ordres comme
sous ceux des responsables parmi sa descendance, en respectant leur
rang
particulier reconnu par l’ensemble de ses compagnons (qu'Allah les
agrée).
C’est d’œuvrer pour assumer leur rôle de simple lien, le but n’étant
point de
se faire connaitre ou suivre, mais bel et bien de faire connaitre
Seïdina
(qu'Allah sanctifie son précieux secret) et de permettre aux disciples
de le
suivre en leur enseignant tout ce qui a trait à son éducation, sa vie,
sa
descendance, ses compagnons comme l’a si bien fait remarquer Cheikh
Omar
Foutiyou (qu'Allah l'agrée) en disant au Khalife de Seïdina, Sidi
Mohamed El
Ghali (qu'Allah l'agrée) : « Sidi je ne cesse de m’étonner sur ce que
j’apprends
des mérites de ce Cheikh et des mérites de sa voie. » (Rimah page 411)
C’est le chemin emprunté par les véritables Chouyoukh et maîtres de
cette voie
qui ont accédé aux hauts degrés grâce à leur dévouement sincère. Aussi
il ne
suffit pas pour être Khalife de détenir un diplôme nous permettant de
nommer
autant de Mouqadem que l’on veut ou d’être autoriser à transmettre tous
les
dhikr apparent ou caché, ou encore d’appartenir à une lignée célèbre
car tous
cela n’est que la définition technique du terme « Khalife » mais la
véritable
dimension spirituelle c’est d’être une porte permettant aux disciples
d’accéder
à Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et non pas à en
bloquer
l’accès. Or malheureusement beaucoup trop de gens se contentent de la
première
définition et délaissent la seconde, ce qui donnent pour résultat la
concurrence
démesurée entre « Chouyoukh » dans la course au prestige et à la
renommée
faisant naitre chez les disciples la jalousie, le conflit et les
enracinant
dans l’ignorance de la réalité, ne se préoccupant plus que des
futilités au
point que même la descendance de Seïdina (qu'Allah sanctifie son
précieux
secret) n’est plus considérée et respectée.
Pourtant si seulement chaque disciple se consacrait à vouloir connaître
Seïdina
(qu'Allah sanctifie son précieux secret) tel qu’il est, ils auraient
sut que
déjà à son époque il avait mis en garde contre ce genre de dérapage et
qu’à
travers ses compagnons (qu'Allah les agrée) il a enseigné l’attitude à
adopter
et la réalité à saisir. En effet il est rapporté dans Khachf El Hijab
dans le
récit sur Sidi Mohamed ibn Abbas Semghouni (page 284), que les
habitants de
Boussemghoune se sont départagés en deux groupes, chacun faisant
prévaloir son
« Mouqadem ». Lorsque Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret)
fut
informé de la situation, il en demanda la cause, on lui a dit alors :
« Mohamed ibn Abbas est jaloux d’Ibn Mechri et Ibn Mechri est jaloux de
Mohamed
ibn Abbas et la jalousie s’est alors répandu sur les partisans de
chacun des
deux. »
Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son précieux secret) leur a
dit :
« Mes compagnons ne sont qu’un, et celui qui me connaît, il me connaît
seul. »
Et ce récit à lui tout seul est une lumière de clarté pour la bonne
compréhension.
Voilà cher frère, nous avons aussi une question à vous poser, nous
aimerions
connaitre la signification du terme suivant : "par MainFrameé",
qu'Allah vous
récompense..
Moustapha FALL .
Ndomor-Tivaouane
coordonnateur de
''Perspectives Tijannya''
Merci de ces éclaircissements
WASALEMOU ALAIKOUM WA RAHMATOULLAH TAALA WA BARAKATOUH
Bureau de la Zaouiya..