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LA TIJANNYA DE FES A TIVAOUANE 
 
 
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la ville lumiére

TIVAOUANE HIER A AUJOURD'HUI
 
 
La Tidianya attache une grande importance aux aspects culturels et éducatifs. Elle est favorable à l'adhésion individuelle du disciple. 
Les talibés qui aspirent à s'initier auprès du marabout viennent de partout, le nombre peut atteindre des pics impressionnants allant jusqu'à 250 novices selon les saisons et c'est le marabout lui-même et ses proches qui se chargent de leur formation, ce qui témoigne de la qualité et du sérieux des enseignements religieux qui étaient d'ailleurs dispensés gracieusement si bien que l'école de Tivaouane fut assimilée à une véritable 'université populaire'.  
Au sortir de cette université, les apprenants devenus Cheikh avaient la capacité d'aller ouvrir d'autres écoles coraniques. C'est ainsi que l'ensemble du territoire sénégalais fut quadrillé par la tarikha. D'ailleurs, à cette époque, selon P. Marty, El Hadj Malick Sy était considéré comme étant : « Le plus instruit et le mieux à rendre clairement ce qu'il a acquis (...), écrit avec une simplicité et une élégance que l'on pourrait souhaiter à beaucoup d'écrivains arabes ». Cependant, de temps en temps, quelques parents donnaient sans aucune obligation, des offrandes au Cheikh et en période hivernale, les talibés cultivaient le champ du maître.  
El Hadj Malick Sy a également fondé à Dakar une importante école qui joua un rôle déterminant dans la propagation de la confrérie tidjane. Selon El Hadj Rawane Mbaye : « Le rôle qu'il avait choisi de jouer est celui du berger, tantôt au milieu de son troupeau, tantôt derrière lui. Dès lors, l'on ne s'étonnerait point en le voyant assis du début de la matinée jusqu'à la fin de la journée dispenser les cours, exhortant, donnant des consultations juridiques, réglant des litiges notamment matrimoniaux, accueillant des hôtes... ». 
 
LE GAMOU DE TIVAOUANE 
Il est bon de revenir sur la vie de celui à qui le Sénégal, voire le monde entier, doit une telle opportunité de rendre grâce au Très Haut. Quand en 1902, Seydil hadj Malick Sy (RTA) organisait le premier Maouloud à Tivaouane, nul ne s'attendait aux dimensions qu'a prises cette manifestation ,quelque temps seulement après la première édition. Aujourd'hui, ce sont plus de 3 millions de personnes qui participent à la célébration de cette naissance pas comme les autres. Cependant, il urge de rappeler qu'avant Tivaouane, le guide avait eu à commémorer la venue au monde de celui dont il a été le plus grand serviteur. C'était par des récitations du Saint Coran et des prières sur la Meilleure des Créatures (SAWS), durant la nuit du 11 au 12 du mois lunaire de Rabi Al Awal. Ce fut le cas à Ngambou Thieulé, à Saint-Louis, à et Ndiarndé. Il a initié la forme actuelle du Gamou à Tivaouane en 1902, après une concertation avec les siens dont Tafsir Abdou Birane Cissé de Pire, au domicile de Djibril Guèye, un de ceux qui l'ont accueilli dans la capitale du Cayor. 
C'est aujourd'hui une cérémonie religieuse annuelle effectuée sous forme de pèlerinage sur les lieux saints de la confrèrie. Les fidèles vont renouveler leur acte d'allégeance à leur marabout C'est le moment de mesurer leur force, leur capacité de mobilisation, leur richesse, leurs rapports avec les autorités administratives. Le Gamou de Tivaouane rassemblent des millions de pèlerins passionnés aux préoccupations et motivations diverses. La plupart des pèlerins se rendent auprès des saints ou de leur mausolée pour se recueillir, prier, confier leurs problèmes et préoccupations à leur marabout pour qu'il puisse intercéder auprès de Dieu.Il faut noter que la moitié des fidéles préférent pariciper au Bourde Pour accéder à ses lieux saints, tous les moyens sont utilisés ; le petit commerce, la tontine, la thésaurisation, l'emprunt, l'endettement....  
Sur le plan du transport, tous les moyens sont utilisés : les pèlerins de nationalité et d'ethnie diverses affluent à Tivaouane, à pied, à cheval, en charrette, en train, en voiture, en camion et en avion... Le Gamou se déroule la nuit, jusqu'à l'aube. 
Les pèlerins visitent également la Mosquée, en contrepartie, le khalife général les exhorte à la piété et prie pour eux, pour le pays, pour tous les talibés. Au cours du Gamou , le khalife général peut donner une consigne, une recommandation à suivre, à satisfaire. 
Les Sénégalais de l'extérieur se font également remarquer aussi bien sur le plan physique que financier et font l'objet d'une attention particulière et à tous les niveaux. 
 
 
Implantation au Sénégal
 
 
El Hadj Omar Tall, « apôtre » de la Tijâniyya en Afrique Noire : 
 
 
Ce personnage difficile à présenter, est très disputé entre les historiens de l’Islam qui en font un « grand conquérant » et les nationalistes africains pour qui, il demeure le symbole de la lutte anti-coloniale. Sa biographie est donc particulièrement controversée. 
 
Il serait né vers 1796-1797 à Halwar au Nord du Sénégal, dans l’actuel département de Podor (Région de Saint-Louis). Hassan ibn Hassan, soutient que son père fut un des Almoravides dont il ne cite pas le nom, alors que la plupart des historiens reconnaissent ses origines sénégalaises en situant sa naissance sur la rive gauche du Sénégal dans l’ancien royaume du Walo. 
 
Le cheikh mémorisa le Coran à l’âge de 12 ans, puis s’intéressa au fiqh, la jurisprudence musulmane, au tajwîd, technique de lecture du Coran, à la langue arabe et aux sciences. Il fit le passage obligé de l’époque à l’école cayorienne (ancien roy. Du Sénégal précolonial) de Pire Saniokhor un de ces « foyers ardents » de l’islam sénégalais. Le débat houleux sur sa vie politique a quelque peu obscurci le personnage religieux qu’il était. El Hadj Omar Tall reste célèbre, aussi, pour sa vaste culture islamique. Rappelons qu’il est l’exégète des Jawâhir al-Ma‘ânî (les Perles des Sens), la « Bible de la confrérie » sous le titre évocateur de Rimâh fî hifz Jawâhir al-ma‘ânî (Flèches pour la sauvegarde des perles des Sens). 
 
Tous s’accordent que sans cette exégèse, le texte demeura longtemps incompréhensible. Il acquiert une grande expérience religieuse avec ses nombreux voyages dans les capitales islamiques de l’époque. Du Bornou (Nigeria) où il bénéficia de l’asile chez Ahmed Bello. Il se retrouvera au Nigeria puis au Macina avant de regagner le Fouta Djallon dans l’actuelle Guinée. 
 
Une grande partie de son action fut consacrée à l’expansion du Tidjânisme. Son époque fut marquée par l’intrusion coloniale en Afrique de l’Ouest. Son oeuvre ne pourrait que participer au rétablissement d’un ordre socio-politique menacé. Il adopta La Tijâniyya comme modèle à la fois social et religieux. On ne peut compter, par ailleurs, les violentes critiques dirigées contre ce personnage visant à nuire à son image religieuse. Mais du fait qu’elles viennent, dans leur grande majorité, des autorités coloniales ainsi que de quelques islamologues encore trop marquées par leurs thèses, elles ne semblent en rien convaincre un grand nombre de sénégalais. On reproche, en effet, à El Hadj Omar d’avoir massacré des musulmans qâdirs qu’il voulait, à tout prix, « convertir au Tidjânisme » selon Khadim Mbacké3. 
 
La stratégie d’El Hadj Omar consistait à unifier les musulmans de la région autour des mêmes objectifs afin d’en faire un noyau de résistance à la conquête française. Or cette dernière, comme d’habitude, voulait jouer la carte des minorités en vue d’une dislocation de l’Empire Toucouleur4 alors sous l’égide de l’Almamy. 
 
El Hadj Omar a formé des disciples qui ont poursuivi son œuvre. Parmi eux, son fils Ahmadou Cheikhou que les Français ont combattu manu militari, le considérant à l’instar de son père, comme un véritable danger contre leurs intérêts. En tout état de cause, El Hadj Omar aura, sur le plan religieux, marqué son époque et certains n’ont pas hésité à voir en lui le nouveau Mahdi venu « sauver » le Soudan Occidental. 
 
La plupart de ses disciples ne croit pas en sa « mort » en 1864 lors d’une rude bataille contre les troupes françaises ; évoquant simplement une mystérieuse disparition dans les falaises de Bandiagara. 
 
L’expansion de la Tijâniyya doit beaucoup à son oeuvre et à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niass, et notamment Malick Sy, qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formés, ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine. La tijâniyya qui regroupe aujourd’hui 50 e la population du Sénégal s’est scindée en plusieurs familles représentant les différentes sensibilités à l’intérieur de ce vaste courant soufi. Contrairement aux idées reçues, cette confrérie est numériquement beaucoup plus répandue au Sénégal que le Mouridisme. Elle est simplement subdivisée en obédiences et « maisons ». Ce qui constitue une certaine diversité des enseignements et des orientations initiatiques. 
 
 
Daaras et champs de Maodo
 
Ndombo Alarba 
Situé dans le Walo, El Hadj Malick Sy décida de s'y installer de 1883 à 1885, alliant travaux champêtres et intellectuelles. C'est ici qu'il a eu à composer le Taïssir. Le champ fut mis à sa disposition par un nommé Alioun Guèye. Le Tamarinier sous l'ombre duquel il étudiait, non loin du champ s'y trouve encore. 
Ngambou Thillé 
Village situé à 14 kms de Gaya. Ce champ fut mit à sa disposition par sa mère. Il s'y installe en 1886 avec sa famille et y cultivait du gros mil, du niébé, des patates cucurbitacées. 
Ndiarndé 
Village se trouvant à 25 kms de Kelle et en plein Cayor. El Hadj MAlick Sy y disposa d'un terrain de quatre km². 
C'est ici qu'il va concevoir les bases de sa doctrine religieuse 
Keur Bassine 
Situé à une dizaine de kms au Nord-est de Coki, El Hadj Malick Sy y installa son cousin Mor 
Aminata Sy. 
Santhiou Pire 
Non loin de Pire, ce champ fut géré par un de ses disciples Birame Awa Ndiaye. 
Gossas 
Ce champ sera cultivé mais le Maître refusera de s'y rendre pour des raisons d'ordre spirituel.Diamaguene 
Il est à 5 kms à l'Est de Tivaouane, 
Fass Diacksao 
Village créé par Malick Sy à 6 kms Pire. 
 
 
 
Sources : Tivaouane tafadal 

 

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Modifié en dernier lieu le 28.08.2009
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