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LA TIJANNYA DE FES A TIVAOUANE 
 
 
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la cité religieuse : Voyage au cœur du bercea

 
ZAWIYA TIJANIYA  
 
Fès. Le tombeau de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif est d’une blancheur immaculée. Il est rectangulaire et prend les contours d’un édifice avec différents paliers qui se succèdent et s’offrent à la vue du visiteur qui débarque dans les locaux. A côté, se trouve un ouvrier posté sur un fût vide et qui s’active à décorer les murs qui entourent l’endroit où repose depuis l’an 1815 (année du calendrier Grégorien), Cheikh Ahmed Tidjane Chérif. La Zawiya (mausolée) constitue l’une des plus grandes attractions de la cité religieuse qu’est Fès. Et c’est ce qui explique l’exercice de la réfection auquel elle est soumise ces derniers temps. Ces travaux nécessitant des moyens importants, les bonnes volontés n’hésitent pas à se manifester. Et dans le lot, les descendants de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif nous apprennent que le directeur général de la Compagnie sahélienne d’entreprise (Cse), Aliou Sow, fait partie de ces donateurs qui contribuent à embellir davantage la Zawia du fondateur de la confrérie Tijaanya.  
 
RAPPEL A DIEU SUR LA POINTE DES PIEDS  
 
La vie ainsi que la disparition du fondateur de la Tidianya ont une histoire. Ainsi, en écoutant le récit qui en est fait par nos différents interlocuteurs, on retient que le saint homme de Fès «a tiré sa révérence un jeudi après la prière du matin. Il demanda de l’eau, en but puis se coucha sur le côté droit». L’enfant d’Aynouhmady, petit-fils du prophète Mohamed (Psl) venait ainsi de partir, sur la pointe des pieds. C’est à l’approche du petit et du grand pèlerinage à La Mecque que la Zawia de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif accueille davantage de fidèles. Une affluence qui se vérifie également lors de la commémoration des deux événements religieux : la naissance du Prophète Mohamed (Psl) plus connue sous le nom de Mawloud ou Gamou et la célébration de son septième jour. «Des gens affluent de partout, de tout le monde islamique, corrobore Zoubir, pour assister à la commémoration de ces deux événements religieux.» Même, la délégation du ministère des Infrastructures, de l’Equipement et des Transports, conduite par Mamadou Seck, lors de sa visite au royaume chérifien n’a pas su faire abstraction de «l’importante étape-escale» que constitue la ville religieuse de Fès. Un rêve qui se réalise pour certains ? Une autre façon, peut-être, d’effectuer sans en donner l’air, un «pèlerinage» et par la même occasion magnifier l’œuvre du défunt sage de Fès.  
 
Face aux journalistes, le petit-fils de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif se montre disponible. Son aisance, lorsqu’il évoque l’œuvre et le parcours de son aïeul, ne surprend guère. Avec des lunettes d’intello, l’homme qui affiche la quarantaine parle avec assurance. C’est ainsi qu’il confie que son aïeul Sidi Ahmed (autre nom donné à Cheikh Ahmed Tidjane Chérif par les Marocains), a «mémorisé le Coran à l’âge de sept ans». Il poursuit en soutenant que «c’est dès l’âge de seize ans qu’il traversa une grande épreuve». «Il s’agit de la mort concomitante de ses deux parents des faits d’une épidémie de variole en 1166», souligne son descendant. Un événement qui coïncide avec l’adolescence du garçon qui ne se laisse pas ébranler par cette étape «du théâtre de la vie». D’autant que cela va lui permettre de révéler une autre facette de sa vie de saint homme, à l’image de plusieurs vicaires du Tout-puissant. Il va faire preuve de dépassement en poursuivant ses recherches dans le domaine des sciences islamiques et spirituelles. Dans cette quête du savoir, l’Egypte des pharaons et la sainte Mecque l’accueillirent. Dans la cité religieuse saoudienne, il commence à cueillir les fruits de la patience religieuse et spirituelle. Car la connaissance et la pratique d’un grand Moufty indien du nom d’Al Hindyne ne fut que bénéfique pour le saint homme de Fès qui «hérita du savoir de ce dernier».  
 
La Zawia de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif se situe dans une vallée. Ainsi en poursuivant son chemin au-delà de Fès, le voyageur se surprend à se rendre compte de la hauteur que prennent les montagnes qui surplombent l’édifice religieux et tous les édifices qui l’entourent. Des explications de son petit-fils Chérif Tidjani Zoubir, il ressort que la construction de la Zawia du saint homme remonte, est à situer dans les années 1214-1215 de l’Hégire. Soit, quelque quinze ans après sa disparition. Dans les alentours, se trouve le marché de Fès qui se situe dans la Médina fondée il y a douze siècles. Un véritable labyrinthe assez impressionnant pour tout visiteur.  
 
LA RENCONTRE AVEC LE PROPHETE (PSL)  
 
Cheikh Ahmed Tidiane Chérif naquit dans le sud-algérien, à Aynouhmady dans l’Aghouwar. Il va quitter cette localité, à la suite des persécutions des Turcs, pour rejoindre Fès. Située sur l’oued Fès, un affluent du Sebou qui est un fleuve du royaume Chérifien, né dans le Moyen Atlas qui rejoint l’Atlantique et est long de 458 km, la ville de Fès qui accueille le saint homme a un climat très attrayant.  
 
Dans sa quête du savoir, il va rester à l’écoute de tous jusqu’à la «grande ouverture» : La rencontre avec le Prophète Mohamed (Psl) qui est «son vingt-et-unième grand-père». Un événement qui a eu pour cadre le village algérien d’Abou Samkhoum. Et les récits historiques précisent que c’est en ces lieux que «Mohamed (Psl) lui a donné la Voix», la «tarixa» ou la confrérie.  
 
Le Cheikh enseignait la «tarixa» Tidjanya dans sa Zawia de Fès, explique son petit-fils. Chérif Tidjani Zoubir rappelle qu’il y avait «des gens qui venaient de partout à travers le monde de l’Islam pour assister à ses cours». Et il se plaît à citer dans ce lot d’hommes en quête de connaissances religieuses et spirituelles supplémentaires, certaines de nos grandes figures religieuses : El Hadji Malick Sy, El hadji Omar Foutiyou Tall, El hadji Ibrahima Niasse, le fondateur de la famille religieuse de Médina Gounass du département de Vélingara, etc. De nombreux foyers religieux où les ziikrs collectifs ont aujourd’hui droit de cité.  
 
Le petit-fils de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif est loin d’avoir une idée du nombre de fidèles qui affluent vers Fès, la religieuse. Cependant, Chérif Tidjani Zoubir concède néanmoins à confier qu’il «y en a qui y viennent en groupe quand ils vont en pèlerinage en Arabie Saoudite (Ndlr : Le petit pèlerinage ou Oumra et le grand pèlerinage ou hadj). Parfois, il y a des gens qui viennent personnellement pour rester deux ou trois jours pour se recueillir sur le tombeau et repartent».  
 
Dans ses relations avec le pouvoir spirituel, Sidi Ahmed a eu à servir de conseiller au prince «dans le domaine religieux». Le roi Mohis Limam «qui l’a bien accueilli» va aussi bénéficier de son appui dans son domaine de prédilection. A son arrivée dans le royaume chérifien, Cheikh Ahmed Tidjane Chérif sera traité dignement. Notre interlocuteur, Chérif Tidjane Zoubir révèle qu’à son installation au Maroc, son aïeul «n’avait pas encore trente ans. Depuis son arrivée à Fès, il a toujours été entouré, aimé et respecté par toute la dynastie alaouite (Ndlr : le nom de la tribu à laquelle appartient la famille régnante au Maroc). Lui-même aimait cette dynastie. Surtout à cause de son respect et de l’application des préceptes de l’Islam».  
 
Aujourd’hui, l’héritage de la Tidjaanya est géré par la famille du défunt saint homme de Fès. Et Zoubir de souligner que cette gestion est hiérarchique. «En haut, il y a la famille du Cheikh. On se réfère à elle pour tout ce qui touche à la confrérie. Et puis, il y a les califes. Les califes de Tivouane, Mansour Sy, d’El hadj Omar Tall (Thierno Mountaga Tall), de Médina Baye (El hadj Dame Niasse) et de Médina Gounass», fait-il remarquer. Le mode de transmission du wird n’échappe pas à l’attention des journalistes venus aux nouvelles. Et le petit-fils de cheikh Ahmed Tidjane Chérif d’expliquer le rôle dévolu aux mouhadams nommés par les Califes. Ces derniers «donnent le wird à quelqu’un qui veut être tidjane (Ndlr : disciple de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif) et lui enseignent les conditions dans lesquelles il doit se conformer à cette pratique».  
 
LE SENEGAL ET LE TIDJANISME  
 
Les liens entre le Sénégal et le Tidjanisme ne datent pas d’aujourd’hui. La confirmation vient des confidences de Zoubir qui les qualifie d’«ancestraux». «C’est enrichissant des deux côtés, renseigne-t-il, ce n’est pas nouveau.» Poursuivant sa narration, il note qu’«avant Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, il y avait des relations entre l’Afrique subsaharienne et le royaume chérifien. Cela s’est renforcé avec la présence de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif et de la confrérie Tidjanya». Autre preuve de ce renforcement des liens maroco-sénégalais, la présence remarquée d’étudiants sénégalais à Fès, selon Zoubir.  
 
Au moment de notre passage au mausolée du saint homme, il n’y avait pas l’affluence des grands jours. Mais les quelques rares personnes présentes sur les lieux ne sont pas gênées d’accomplir leur devoir religieux à l’heure de la prière. Moment mis à profit pour mettre un terme à l’entretien avec le lointain petit-fils de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif.  
 
Interpellé par ses proches et autres disciples, Chérif Tidjani Zoubir va s’excuser, avant de prendre congé, non sans avoir évoquer la tradition soufie à travers une citation du prophète Mohamed (Psl) qu’il n’a pu finir.  
 
Fès demeure la ville historique la mieux conservée du monde islamique. Avec une polpulation de 448 823 habitants, son tissu urbain est chiffré néanmoins à 160 000 personnes. On estime à plus de 8 000 les édifices ayant une valeur historique et artistique. Certains inventaires établis font état de plusieurs centaines de monuments : 184 lieux de culte, 135 fondouks, 110 palais et demeures. Ce qui fait de cette contrée du Maroc un centre religieux, touristique et universitaire.  
 
 
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Modifié en dernier lieu le 9.07.2007
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